Les intrigues politiques au Pakistan
Le pouvoir pakistanais semble obsédé par l’idée d’éliminer l’ancien premier ministre Imran Khan de la scène politique. Tout est mis en œuvre pour neutraliser l’ex-chef du gouvernement, emprisonné depuis août 2021. Mais rien n’y fait, Imran Khan demeure l’homme le plus populaire du pays.
Menaces sur le parti de Khan
Dans une ultime tentative, les autorités font désormais planer la menace d’une interdiction sur son parti le Pakistan Tehrik-e-Insaf, le Mouvement du Pakistan pour la justice (PTI). Les accusations qui pèsent sur le PTI et son fondateur comprennent la divulgation de documents classifiés, l’incitation à l’émeute ou encore le financement étranger de parti politique, ce qui est interdit au Pakistan.
Conséquences politiques
Le gouvernement de coalition emmené par le premier ministre Shehbaz Sharif et son parti le Pakistan Muslim League-Nawaz (PML-N) a également affirmé qu’il envisageait des poursuites pour trahison contre M. Khan. Cette annonce est intervenue lundi 15 juillet, quelques jours à peine après la décision de la Cour suprême d’accorder au PTI une vingtaine de sièges de députés supplémentaires. Lors des élections législatives du 8 février, les candidats loyaux à Imran Khan étaient parvenus à remporter le plus grand nombre de sièges.
Réactions et tensions
La menace d’une interdiction du PTI aura en tout cas provoqué un tollé. « La décision de la Cour suprême renforce le PTI dans l’enceinte du Parlement et le gouvernement est totalement désespéré, d’où cette décision ridicule », estime Faisal Amin Khan, élu à l’Assemblée nationale et membre du parti d’Imran Khan. La Commission des droits de l’homme du Pakistan s’est dite choquée et a appelé le gouvernement à faire machine arrière.
Implications futures
Cette instance indépendante a qualifié la décision d’interdire le PTI « de coup énorme porté aux normes démocratiques », estimant qu’« elle empeste la désespérance politique ». « Si cela va jusqu’au bout, cela ne fera que déboucher sur une polarisation plus profonde et augmentera la forte probabilité du chaos politique et de la violence », a jugé le président de la Commission, Asad Iqbal Butt, dans un communiqué.
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