Le phénomène des tracances : travailler pendant les vacances
La navette de randonneurs traversait la magnifique vallée de la Clarée, dans les Hautes-Alpes, quand un téléphone a sonné. « Oui, allô ? », a répondu son propriétaire, tout de Quechua vêtu. « Je suis en télétravail… » En « tracances », dirons-nous : les pieds en vacances, la tête au travail.
Un mélange de travail et de plaisir
Comme ceux qui fréquentent l’Astran, le coworking de Saint-Briac-sur-Mer (Ille-et-Vilaine), en tongs et short, mais chemise repassée… pour les visios. C’est un des nouveaux paradoxes de la vie moderne : on ne peut plus partir en vacances sans y croiser des gens qui travaillent.
Le concept des tracances
Ce grand mélange des genres se situe à l’intersection de plusieurs phénomènes : le Wi-Fi presque partout, l’allégement du poids des ordinateurs portables et la nouvelle tolérance pour le labeur en distanciel. A l’été 2022, selon une étude de l’Insee, 35 % des gens prévoyaient de télétravailler depuis leur lieu de villégiature.
Les défis des tracances
« Avant de partir en vacances, tu as cru que t’allais gagner du temps en télétravaillant. Quand tu dois t’isoler pour une visio, tu as l’impression de perdre du temps de vacances », résume Paul, chef de produit numérique, en tracances dans l’Hérault.
Les paradoxes et les défis rencontrés
Et c’est bien souvent dans le lieu que le tracancier choisit pour se poser que se manifestent tous les paradoxes de sa condition. Car, en toute logique, le plus confortable aurait été de s’installer dans une chambre, avec la climatisation, de l’ombre et un plan de travail horizontal à 70 centimètres du sol. Mais, enfermé dans 8 mètres carrés avec son ordinateur, ça ressemble trop à une punition.
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