JO 2024: Romanian David Popovici achieves his first victory in 200m freestyle

Le physique unique de David Popovici

La dernière fois qu’on avait repéré un physique semblable à celui du Roumain David Popovici, vainqueur du 200 m nage libre, c’était dans un tableau de Toulouse-Lautrec. Il représentait Valentin le Désossé, danseur et contorsionniste du Moulin Rouge. Maigre, presque efflanqué, le Roumain semble, comme le personnage dégingandé du peintre, un être sans squelette, fait d’une matière aussi indécise que souple, presque caoutchouteuse, un spécimen qu’on hésite à classer parmi les vertébrés. David Popovici aura 20 ans le 15 septembre.

Une transformation dans l’eau

Sur terre, son corps apparaît imparfait, comme celui d’un adolescent en pleine croissance, dadais dont il faudrait sans cesse refaire l’ourlet de pantalon. Sa démarche est empruntée, son visage émacié. Une fois dans l’eau, soumis à une poussée de bas en eau égale au poids du volume déplacé, le même corps est devenu un modèle d’élégance. Il fendait l’onde dans un crawl soyeux. Il glissait dans l’eau sans en déranger la moindre particule en surface.

Le changement de paradigme dans la natation

Sa morphologie est en passe de changer, voire de révolutionner la natation de vitesse. Jusque-là, le sprint vénérait les corps bodybuildés, incarnations de la puissance, du type de l’Américain Caeleb Dressel ou du Français Florent Manaudou. Et voilà tous ces Goliath titillés sur 200 m et 100 m par ce David épais comme un flan aux pruneaux. Les spécialistes redécouvrent avec ce Roumain que la fluidité est un atout de vitesse aussi pertinent que des amoncellements de muscles forgés en salle de culturisme.

Le parcours atypique de David Popovici

Contrairement aux apparences, David Popovici est fait d’os autant que d’eau. C’est même sa colonne vertébrale qui l’a conduit dans les bassins. A 4 ans, ses parents, Mihail et Georgeta, l’inscrivent à la natation pour corriger une scoliose précoce. Le gamin s’ennuie dans l’eau. Il profite du moindre prétexte pour en sortir. Il rencontre à 9 ans l’homme qui va modifier son regard sur ce sport et, incidemment, changer sa vie. Adrian Radulescu est un jeune entraîneur, le genre intellectuel à lunettes, docteur en éducation physique, auteur d’une thèse sur «l’effort physique chez les nageurs pubères».

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