Alain Delon: L’Homme du Silence
Dans le couple de vedettes antagonistes qu’il forma avec le gouailleur et extraverti Jean-Paul Belmondo, Alain Delon aura toujours incarné le silence, le mutisme, l’enfermement sur lui-même.
Rareté de Paroles
Lors de la sortie de L’Insoumis (1964), d’Alain Cavalier, François Mauriac note dans Le Figaro littéraire ce compliment perfide : « Il ne parle jamais si bien que quand il se tait. » Il faut interroger cette rareté de paroles. Etait-elle la rançon de cette séduction charnelle et brutale qui se passe royalement de mots ?
Le Trouble Suscité par Delon
Eait-elle le lieu d’une rupture avec une tradition proprement française fondée sur l’amour de la langue et de la rhétorique ? Le signe de quelque secret inavouable à protéger ? Mais quel secret ? Peut-être celui de la sourde ambivalence de l’acteur, trait qui le définit le mieux, comme homme et comme acteur, et qui explique le trouble qu’il suscite.
Succession de Gérard Philipe
Le signe du double, frappé comme une désirable infamie au frontispice de sa carrière, arrive pourtant très tôt, avec la prise de succession de Gérard Philipe. Les dates sont frappantes. Idole du cinéma français des années 1950, incarnation d’une tradition idéalisée, le doux et romantique Philipe est emporté par un cancer en 1959.
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