How the cutting-edge Belarusian IT industry strives to rebuild beyond borders

Veronika Lidorenko: De l’enthousiasme à l’exil

Derrière ses lunettes rondes, les yeux bleus de Veronika Lidorenko s’animent quand la trentenaire évoque le monde de la tech à Minsk, la capitale de la Biélorussie, en 2020 : « C’était un monde à part, surtout en Biélorussie. Après le yoga et le café du matin, on prenait parfois le taxi pour aller au travail ! » Aujourd’hui, cette salariée d’une start-up varsovienne et fondatrice de U Hub, une plate-forme de jeunes pousses biélorusses en Pologne, est aussi demandeuse d’asile.

Une répression implacable

Veronika Lidorenko a fui en septembre 2020, via l’Ukraine, pour s’installer en Pologne alors que celle-ci venait d’inaugurer Poland.Business Harbour, un programme à destination des entrepreneurs et informaticiens biélorusses forcés de quitter leur pays après le soulèvement populaire de l’été 2020. Comme des millions de Biélorusses, il y a quatre ans, Veronika Lidorenko s’était prise d’enthousiasme pour la campagne électorale de 2020, espérant pouvoir mettre fin aux vingt-six ans de pouvoir du président Alexandre Loukachenko.

La répression persistante

Aujourd’hui, elle ne se fait plus d’illusions sur une rapide transition politique. En août 2020, le dirigeant autoritaire refusait d’admettre sa défaite, dont témoignait pourtant le million de bulletins de vote envoyés par l’application Golos, développée par Pavel Liber, un informaticien biélorusse, pour éviter la fraude électorale. Puis les forces de l’ordre avaient rapidement réduit les centaines de milliers de manifestants au silence.

Le secteur de la tech sous pression

La répression n’a jamais cessé depuis, forçant ONG comme médias à opérer hors des frontières. En 2020, certains, dans le milieu de l’informatique et des nouvelles technologies, comme Veronika Lidorenko, passent par la case prison. Quelque 1 400 prisonniers politiques sont encore dans les geôles du pouvoir, selon l’association biélorusse de défense des droits de l’homme Viasna (« printemps » en biélorusse). Un simple like sur les réseaux sociaux peut désormais constituer un prétexte suffisant à un séjour derrière les barreaux.

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